Le premier chapitre !
Le réveil sonne, sonne, sonne... Ou devrais-je dire " ce qui me sert de réveil ? ". J'ai récupéré celui-ci qui, oui on peut bien dire ça, et dans la famille depuis... des décennies. Il appartient à mon arriere grand-pere, alors imaginez un peu la gueule qu'il a ! Je me leve difficilement, aggripe le réveil pour l'éteindre plus facilement, et commence à me préparer. J'ai froid. Le chauffage n'a jamais existé, ici . J'ai froid. J'ai froid. J'ouvre la porte, et réveille doucement la personne allongée sur le même lit. A-t-elle au moins bougé cette nuit ? J'ai l'impression d'être face à un mur de pierres, sans aucun sentiments qui l'orne. Je ravale les larmes qui menacent de couler, de toute façon, j'ai l'habitude à présent. De ne recevoir aucun amour des autres, de ne pas avoir été élever comme tous les autres enfants l'ont été ... Souvent, lorsque le froid de l'hiver venu de l'Arctique m''empêche de dormir, j'y repense, seul, abandonné. J'aurai du être comme les autres. Je ne le suis pas.
J'ouvre la misérable porte d'entrée de l'immeuble, et marche d'un pas vif. Plus vite je me serais éloigné de ce bas quartier, oui j'ai même honte d'en parler en tant que ' quartier' , mieux se sera pour moi. Heureusement, mes jambes sont relativement longues, et j'arrive vite devant mon lycée. C'est le cas aussi pour ce dernier, je ne sais pas si je dois parler de 'lycée'. Bâtiments dégradés correspond beaucoup mieux. Les regards pesants, le dévisagement des autres élèves, les chuchotements sur mon chemin, j'en ai l'habitude. En quelque sorte, ça me fait plaisir. Ici, au moins, j'attire l'attention, peut-être pas forcément en bien, mais j'attire l'attention tout de même... Chez moi j'ai l'impression d'être seulement une enveloppe corporelle qui se déplace pour ne rien faire. Je rentre dans un salle déjà remplie, je suis legerement en retard. La professeur ne me regarde même plus. J'arrive souvent en retard, malgré moi. J'habite assez loin du lycée, et j'ai beaucoup de mal à me réveiller, alors je compense en étant un bon élève. Qui l'aurait cru ? Je suis ce qu'on appelle ' une exception'. Je suis né dans la merde, et contrairement à d'autre, je pourrai faire tous les efforts possibles pour m'y en sortir. Sans aide des autres. J'les aime pas les autres.
La derniere sonnerie retentit dans les couloirs vide du bâtiment, mais bientôt remplies par la foule compacte d'élèves heureux de la derniere journée de la semaine. D'un pas plutôt lent, je me replonge dans la foule pour en sortir le plus vite possible. J'aime pas toucher des personnes inconnues. C'est bête, je sais, mais c'est comme ça. Sur le chemin du retour, je passe devant d'innombrables magasins. Je pourrai m'offrir ce jean, ou ce tee-shirt... Mais c'est pas pareil. Pourquoi a-t-il fallu que je connaisse Noël lorsqu'on l'avait étudié en classe de CM1 ? Avant, je ne savais pas qu'une telle fête existait... On n'a jamais fêté Noël, à la maison. On ne m'a jamais souhaité un ' bon anniversaire ' non plus . Je savais juste que j'étais né le 1° Septembre 1989, la même année que la chute du mur de Berlin. Je pourrai m'offrir ces cadeaux ... Mais ce n'est pas comme si s'aurait été Maman, me réveillant, penchée sur moi en me chuchotant un joyeux anniversaire, avec les yeux pétillants. Depuis combien de temps n'ai-je pas vu la couleur de ses yeux ? Elle les laisse fermer depuis si longtemps ... L'espoir me berce.
Des bruits de pas se font entendre derrière moi. Je ne m'inquiète pas, combien de fois m'a-t-on arrêté? ' Tu prends combien ma jolie ? '. Le plus souvent, je ne m'arrête pas, et presse le pas, tout comme aujourd'hui. Mais les pas se font plus pressants et je les sens se rapprocher de moi... Là, je commence un peu à réagir. J'accélère à mon tour. Ne pas s'inquiéter, ne pas s'inquiéter, ne pas s'inquiéter ...
-Hey !Je ne me retourne pas. C'est bon, j'ai peur. Une main aggripe mon bras, et me force à me retourner.
- Quand j'te parle, tu réponds , OK ?Je me retourne sechement, et me trouve face à face avec un misérable gars puant l'alcool à plein nez. Des mecs comme ça, il en coure les rues ... Alors pourquoi faut-il que celles-là soit désespérément vides ? Un leger coup d'oeil imperceptible me permet de confirmer ce à quoi je viens de penser . Là, j'ai vraiment peur.